à propos

Michel Timoléonthos voit le jour le 2 décembre 1928 à Chelles, en région parisienne. Son père, ébéniste grec, « à lʼœil noir, velouté et redoutable sans doute si on le contrariait », nʼapprécia guère la vocation précoce de Michel pour les arts et son désir dʼêtre peintre. Cʼest donc sans aide et contre la volonté du patriarche quʼil entame sa vie dʼartiste, ne pouvant sʼimaginer dʼautre avenir que celui dʼartiste peintre. Excessivement doué – il a été potier, peintre, sculpteur, graveur – Michel Timoléonthos créait sans répit avec une rapidité dʼexécution qui fascina toujours ses proches. « Son intelligence intuitive et lucide lui avait permis de se cultiver très rapidement, et comme cela semble être le cas pour tous les peintres doués, il était à lʼaise dans tous les domaines, parlant avec humour et ironie des sujets les plus inattendus » témoigne le peintre Henri Dudan. Ses « Souvenirs » publiés en 1977 dans la revue « Zodiaque », offrent un précieux témoignage des débuts de la vie dʼartiste de Timoléonthos. Il était entier, absolu et généreux, sous une enveloppe rugueuse. Il avait tout, sauf un tempérament commode. Il faisait penser à Gauguin, déjà quelque peu physiquement, qui savait si bien décourager ses meilleurs amis. (1) Peintre sans ressources, son existence fut jalonnée des difficultés inhérentes à la vie quʼil choisit, entièrement tournée vers son art, sans aucun compromis.

MIchel Timoléonthos artiste peintre

au début

1928

Naissance de Michel Timoléonthosà Chelles le 2 décembre.

1946

Apprentissage chez un potier à Fontcarrade (près de Montpellier)

En 1946, Michel Timoléonthos a dix-huit ans. Il fait un apprentissage de neuf mois à la faïencerie de Fontcarrade, près de Montpellier. Il rencontre Henri Dudan et dʼautres jeunes artistes. Après guerre, lʼart céramique attire en effet une nouvelle génération dʼétudiants dʼécoles dʼart, éprise de liberté et opposée aux conformismes (la même année Picasso passait à Vallauris, avant dʼy revenir quelques mois plus tard pour entreprendre lʼimpressionnante production que lʼon connaît, électrochoc dans la création céramique). Henri Dudan repère bien vite les dons de plasticien de son nouveau camarade, « dont le sens grec de la forme sʼalliait à une ferveur religieuse bien inattendue dans ce milieu artistique et artisanal ». Animés dʼun même engagement chrétien, dans ces années où « la mode était à la liberté et à lʼanarchie », et dʼune soif dʼexpériences et de découvertes, les deux jeunes gens rendent visite à Albert Gleizes(2) à Saint-Rémy-de-Provence en 1947. Le maître cubiste, tourné vers lʼart sacré depuis quelques années, avait eu comme élèves Henri Dudan et Dom Angelico Surchamp, ami et soutien fidèle de Michel. Timoléonthos y découvrit les toiles du maître et sa technique des aplats. Mais « il nʼa guère compris son message » estime Dom Angelico Surchamp.(3) » Michel Timoléonthos poursuit sa voie et sa technique personnelle quʼil nʼa cessé dʼaméliorer. Il se voulait « peintre dʼimages ». Il aimait les icônes grecques et sʼétait dʼailleurs rendu chez Zographos(4) (il appréciait lʼartisan mais non le peintre) pour en étudier la préparation. « Il désirait un art simple et communicable, très lisible, sans prétention intellectuelle. Il se méfiait des systèmes trop bien adaptés et son goût naturel pour lʼéchange direct, presque brut parfois, lui fit garder la voie de ses images ».(5) De retour à Paris, Michel tente de concilier la peinture et « un autre travail » pour éviter de retourner manger

chez ses parents… Il habite de-ci de-là, travaille dans quelques petites industries de poterie parisiennes mais les productions médiocres et le style industriel alors en vogue ne parviennent pas à le retenir. Surtout elles lui volent trop de temps ! Il loge un moment impasse Ronsin, dans le XVe arrondissement. Il vit « de quelques tartines que sa petite fiancée lui apportait le matin » raconte Henri Dudan, dans un atelier délabré, voisin de celui de Brancusi, quʼils admiraient tous deux, et qui les aida un beau jour à transporter une assez grande pierre que Michel souhaitait sculpter… Pour se sortir de leur situation peu brillante, les deux amis entreprennent de monter un atelier de poterie à Vézelay, non loin de lʼabbaye de la Pierre-qui-Vire (Yonne) et des frères bénédictins dont ils étaient proches. Le projet ne vit jamais le jour, faute de moyens.

1947

Visite à Albert GLEIZES à Saint Rémy de Provence

1948

Installation à Paris Impasse Ronsin (XVe) près de l’atelier de BRANCUSI

1950

Préparation d’une exposition pour l’abbaye de la Pierre-qui-Vire à Vézelay

Début 1950, Michel, installé rue de la Verrerie à Paris, se rend à Vézelay pour préparer une exposition dʼart sacré, organisée avec le concours de lʼabbaye de la Pierre-qui-Vire et le musée national dʼArt moderne. Inspiré, plus que jamais peut-être, il travaille sans relâche, peint quelques grandes toiles quʼil espère exposer à Paris. Il semble sʼépanouir dans son art et avoir foi en lʼavenir :
« Je crois ne pas avoir trompé la confiance que vous mʼaviez accordée quelque temps. Ma peinture est devenue… ma foi je ne sais trop quoi dire. Je crois quʼelle est meilleure quʼauparavant. Je nʼai pas voulu me fixer, jʼai lutté beaucoup pour revivre chaque chose une par une. Je crois que maintenant je peux commencer à faire vraiment quelque chose. Il y a toute la vie… » écrit-il au Père Angelico Surchamp. Dans cette même lettre, il relate à son ami avoir pris son courage à deux mains pour aller voir ces « Messieurs », les Pères Régamey et Couturier, entre autres. Les religieux dominicains sont alors directeurs de « LʼArt Sacré », revue dʼart et de spiritualité, dont lʼaudience était réelle auprès du clergé, des laïcs sensibles aux questions dʼart religieux, des artistes, des architectes.(6) Ils lʼestiment doué pour lʼart sacré monumental. Cette reconnaissance le réjouit. Il lʼexprime tout en retenue : « Quʼest-ce que je leur demande dʼautre ? Ne croyez pas pour autant que je mʼautorise de cela pour jouer les… oui je suis seulement heureux que mes efforts aient produit quelques petits fruits qui ne sont pas encore très mûrs, je mʼen aperçois chaque jour ».(7)

1951

De mai à juillet : préparation d’une exposition pour la Galerie BRETEAU à Paris.

Le musée d’Art Moderne de Paris, par l’intermédiaire de son conservateur Bernard DORIVAL, lui achète un «Christ».

Réalisation de linogravures sur des thèmes bibliques dont la série «Chansons de Gestes» qu’il grave sur ivoirine.

1952

Février : exposition à Louvain (Belgique) au Centre Universitaire Sedes Sapientiae.

Mars : nouveau séjour à Vézelay où il peint «l’Apocalypse», «Un Sacré-Cœur en gloire», «Le Magnificat», «St François d’Assise». 
Rencontre avec le peintre André MARCHAND.

Juillet : exposition au musée Réattu d’Arles des «Chansons de Gestes» (gravures) et de deux toiles : «Hommage à Gauguin» et «Gloria in excelcis Deo»

Octobre : installation à Paris 14 rue Bosquet  (XIVe)

Cette même année 1952, il séjourne au musée Réattu en Arles. Il y rencontra le peintre André Marchand, alors lʼun des grands représentants de la « jeune peinture française » et Théo Rigaud. Ce dernier souligne « que leur première rencontre fut exaltante et quʼelle lui permit de réaliser son chemin de croix en 1958 ». (Le Provençal). Il expose au musée, lʼété 1952, la série de gravures intitulée « Chansons de geste » ainsi que deux toiles : hommage à Gauguin et Gloria in excelcis Deo. En octobre, Timoléonthos sʼinstalle dans un deux-pièces rue Bosquet à Paris dans le VIIe arrondissement. La revue « Zodiaque » (collection née en 1951 à lʼabbaye de la Pierre-qui-Vire, dirigée par le Père Angelico Surchamp) intitulée « Un Art sacré pour notre temps », présente lʼœuvre de Timoléonthos. Michel écrit alors : « La sérénité que jʼai recherchée depuis le début de mon travail, je crois quʼelle est en moi maintenant ».(8) Deux commandes en découlent : des peintures pour la chapelle universitaire de Louvain et, en 1955, une illustration pour le « Missel des dimanches et des fêtes » aux éditions Labergerie, pour lʼabbaye dʼHautecombe (gravures sur bois mises en couleurs).rizons Par la suite, les expositions se font moins nombreuses, la correspondance avec Dom Angelico Surchamp sʼinterrompt. Le parcours de Timoléonthos devient difficile à suivre…

Février : exposition à Louvain (Belgique) au Centre Universitaire Sedes Sapientiae.

Mars : nouveau séjour à Vézelay où il peint «l’Apocalypse», «Un Sacré-Cœur en gloire», «Le Magnificat», «St François d’Assise». Réalisation d’une série de linogravures  «Chansons de Gestes».
Rencontre avec le peintre André MARCHAND.

Juillet : exposition au musée Réattu d’Arles des «Chansons de Gestes» (gravures) et de deux toiles : «Hommage à Gauguin» et «Gloria in excelcis Deo»

Octobre : installation à Paris 14 rue Bosquet  (XIVe)

1955

Publication par l’Abbaye d’Hautecombe (aux éditions de «Labergerie») d’un missel illustré (gravures sur bois mises en couleur).

1960

Février : exposition des «Litanies de la Sainte Vierge» à “Arts et Traditions Chrétiennes” rue St Sulpice à Paris

En février 1960, il expose à la galerie dʼart et traditions chrétiennes, rue Saint-Sulpice à Paris, des gravures sur bois, peintures à lʼhuile et pyrogravures sur le thème : les Litanies de la Sainte Vierge. Selon une critique parue dans la revue Informations Catholiques Internationales(9) les œuvres témoignent « que lʼartiste nʼest pas resté au seuil de ce domaine grandiose, que, très jeune, il avait entrevu. Sans se départir de sa rigueur première, de sa sévérité même, il a continué sa marche dʼapproche du mystère et il livre aujourdʼhui à notre méditation des images de la Vierge (…) qui continuent à solliciter notre regard même et surtout lorsque nous les avons quittées des yeux. Cʼest donc quʼelles ont atteint notre regard intérieur et ouvert les portes de lʼau-delà ».

1961

Séjour en Corse et réalisation d’une série de toiles profanes.

Retour à Paris, illustration du livre «Pascal en prière» aux éditions «Labergerie».

Fin 1961 il fait un séjour en Corse où il peint une série de toiles profanes. De retour à Paris, il travaille ensuite à lʼillustration du livre « Pascal en prière », édité par Labergerie en 1962. En collaboration avec lʼécrivain Alain Robbe-Grillet, il illustre le roman « LʼAnnée dernière à Marienbad » dont le vernissage eut lieu à la librairie René Kieffer à Paris le 15 janvier 1964.

1962

Illustration de «L’Année Dernière à Marienbad» pour «Bibliophiles et Graveurs d’Aujourd’hui».

1963

Participation à la Biennale de Paris pour la toile «Comme une sirène» 

1964

Septembre : installation à Tarascon.

En août 1964, Michel Timoléonthos quitte Bonny-sur-Loire où il était hébergé par des amis. Il se rend en Arles puis sʼinstalle à Tarascon. Lui qui détestait lʼhiver, quʼest-il venu chercher ici ? « La lumière bien sûr… » répondait-il au journaliste du Provençal dont lʼagence dʼArles accueillit en 1965 deux expositions (en mai sur le thème des oiseaux et en juillet sur le thème des arbres) « …et puis aussi parce que désormais jʼy ai ma tombe : cette partie de mon œuvre exposée dans une salle de votre musée Réattu ». Ce sont là les dernières expositions quʼil fit de son vivant.

1965

Mai : exposition à Arles «Les oiseaux» au journal « Le Provençal ».

Juillet : exposition à Arles  «Les arbres» au journal « Le Provençal ».

1967

26 août : mariage avec Christiane HOUDARD à Tarascon.

1974

31 mai : mort à Tarascon le à la suite d’une longue maladie.

Le 31 mai 1974 à Tarascon, une longue maladie met fin au parcours singulier de Michel Timoléonthos. Il laisse derrière lui une œuvre foisonnante et puissante, hymne à la joie de vivre et à lʼamour, et des amis bien décidés à la faire connaître au plus grand nombre.

Staff & Board

Royal Gallery is led by co-CEOs, Artistic Director John Crawford and Executive Producer William Thompson. The Executives are supported by the core artistic team: Samuel Olivier (Resident Dramaturg), Jordan Tyson (Associate Producer), Martin Scott (Director in Residence) and Susan Brown (Resident Artist).

BOARD MEMBERS / Adam Auster (Chair), Ben Miller (Deputy Chair), Heidi Lana AM, Andrew Johnson QC, Ronnie Brown, Michelle May, John Stevenson AM, Angelina Rey, Amy Tyson, Martin Bell, Tasha Rufus, Laura Lanzeti AO & Rodrigo Gomez.

ARTISTIC & PROGRAMMING

ARTISTIC DIRECTOR & CO-CEO / John Crawford
EXECUTIVE PRODUCER & CO-CEO / William Thompson
RESIDENT ARTIST / Samuel Olivier
DIRECTOR IN RESIDENCE / Martin Scott
RESIDENT ARTIST / Susan Brown
RESIDENT DESIGNER / Tony Rufus
PRODUCER / Andrew McNamara
ASSOCIATE PRODUCER / Jordan Tyson
COMPANY MANAGER / Amanda Fields

FINANCE & ADMINISTRATION

FINANCE MANAGER / Adam Scarlett
FINANCE ADMINISTRATOR / Debbie Fox
GENERAL MANAGER / Liz Gaudini

PRODUCTION

PRODUCTION MANAGER / Ernst Pynchon
WORKSHOP MANAGER / Daniel Auster
TECHNICAL MANAGER / William Twain
OPERATIONS MANAGER / Tony Miller
HEAD TECHNICIAN / Jason Lanzeti
HEAD CARPENTER / Michelle Lana

EDUCATION

YOUTH & EDUCATION MANAGER / Tatiana Alexis

VENUE MANAGEMENT

VENUE MANAGER / James Bell
FRONT OF HOUSE MANAGERS / Harry Olivier & Marta Crawford